29/09/2009

Formations rémunérées : Passer les dédales de l'administration

FORMATION. Trouver aujourd'hui une formation rémunérée relève du parcours du combattant. Projet solide, validation d'un prescripteur et accord de l'organisme de formation : en théorie la démarche est limpide.

 

blog emploi 26 sept 09 david le deodic.jpgFace à la crise, les candidats à l'entrée en formation rémunérée se bousculent au portillon. Une solution qui permet d'une part de mettre en place un véritable projet professionnel. Et d'autre part, de pouvoir faire face financièrement durant ce temps de formation.

Sauf que. Entre l'Etat et la Région, le Pôle Emploi et la Mission locale, sans compter le nombre effrayant d'acteurs satellites, la formation en France est d'une telle complexité, que bon nombre de candidats abandonnent leur projet. Un abandon qui pourrait être imputé au manque cruel de coordination entre ses différents acteurs. A leur décharge, réformes et revirements de l'Etat se succèdent et laissent les organismes sans moyens humains ni économiques suffisants pour répondre aux demandes. Une fois ce constat posé, il existe bel et bien des possibilités pour trouver cette fameuse formation. Pour ça un seul moyen : de la méthode.

 

Du plan A au plan B

Dans un premier temps, votre projet doit être cohérent. Vous devez avoir un objectif professionnel précis qui correspond à votre personnalité et à votre parcours professionnel. Il doit également répondre aux exigences des employeurs. Ces dernières informations sont disponibles sur Internet (voir blog notes ci-dessous) mais aussi auprès de professionnels et organismes de formation. Enfin, il faut évaluer si vos besoins se situent dans l'acquisition de connaissances complémentaires, d'une qualification (reconnue par l'ensemble des professionnels du secteur) ou l'obtention d'un diplôme.

Dans un deuxième temps il est primordial de définir dans quelle catégorie vous vous situez : Plus ou moins de 25 ans, demandeur d'emploi indemnisé ou non, salarié. Selon la catégorie dans laquelle vous êtes, vous devrez continuer votre pêche aux informations auprès d'organismes différents.

Pour les salariés, vous pourrez vous renseigner auprès de votre employeur. Il existe 3 dispositifs de formation possibles pour les salariés d'une entreprise : Vous pouvez vous former en prenant un Congé Individuel de Formation (CIF).Vous pouvez vous former grâce au Droit Individuel à la Formation (DIF). Et enfin, vous pouvez vous former par le Plan de Formation de votre entreprise.

Pour les autres, les moins de 25 ans devront se rendre à la Mission locale, tandis que leurs aînés iront se renseigner auprès de Pôle Emploi. A ce propos, Corinne Rousseau, documentaliste au CIJA donne de précieux conseils : « Beaucoup de jeunes qui souhaitent faire une formation ne sont pas inscrits en tant que demandeur d'emploi. Il est pourtant impératif qu'ils le soient, (même s'ils ne sont pas indemnisés) s'ils veulent que leur projet se réalise. »

Un conseil valable pour les jeunes mais également pour les plus de 25 ans, comme le confirme Robert Chassin, juriste de la formation professionnelle de Cap Métiers (1) : « Il est nécessaire que les candidats à la formation passe par des prescripteurs qui valident leur projet, comme le Pôle Emploi ». Une nécessité qui peut permettre par exemple d'accéder à la liste des centres de formation ainsi qu'au contenu de leurs formations, reconnus par l'Etat et donc susceptibles de pouvoir être rémunérées. Une information qui il y a quelque temps était encore disponible sur Internet mais qui désormais n'est plus accessible que par le biais des prescripteurs. « Aujourd'hui il y a très peu de formations rémunérée, voire financées pour des raisons économiques évidentes » précise Corinne Rousseau. En effet, il faut différencier le financement du coût de la formation et la rémunération du stagiaire.

A savoir, si vous êtes indemnisés par les ASSEDIC vous pouvez prétendre à une formation rémunérée sous condition. Si vous n'êtes pas indemnisés, la Région peut prendre en charge cette rémunération par le biais du CNASEA. Là encore c'est le prescripteur qui définira vers quel organisme vous devrez vous tourner. Dans tous les cas, la solidité et la crédibilité de votre projet feront la différence.

 

(1) Cap Métiers anciennement AREPA ouvrira une permanence téléphonique dès le 1er octobre prochain.

 

Isabelle Le Blanc

 

Légende photo : (Photo Archives David Le Déodic)

 

 

 

Blog note : Bien choisir sa formation

 

Sur le site du GIP CARIF Ile de France (Centre d’animation, de ressources et d’information sur la formation en Ile-de-France) vous pourrez trouver un guide très complet « Comment rechercher et choisir une formation » en pdf. Pour le trouver tapez « guide » dans leur moteur de recherche situé en haut à droite de l'écran.

http://www.carif-idf.org/

Sur le site de l'orientation et de la formation des informations sur les dispositifs d'aide à la formation suivant le profil. Vous pourrez également découvrir les finalités du bilan de compétence. Le déroulement d'une VAE (Validation des Acquis par l'Expérience) ainsi que les congés individuels de formation (CIF)

http://www.orientation-formation.fr/spip.php?rubrique71

Sur le CIJA une petite liste de liens consacrées à la formation peut s'avérer bien utile. Les sites de l'AFPA, du GRETA, de CAP Métiers (AREPA) et du centre de formation du lac sont précisés dans la rubrique emploi et formation sous l'onglet « Formations »

http://www.info-jeune.net/

Retrouver la liste des aides du conseil Régional d'Aquitaine en matière de formation professionnelle. Il suffit d'aller pour cela dans l'onglet formation professionnelle-apprentissage. Vous pourrez découvrir notamment les financement liées aux formations d'aide-soignant, para-médicales et sociales.

http://les-aides.aquitaine.fr/rubrique3.html

Enfin sur emploi-France5 vous avez accès à un nombre important d'informations liées à la formation. Par exemple comment choisir une formation en ligne, avec quelques précieux conseils. Connaître les diplômes, trouver un stage, la formation en alternance, la formation continue, le droit à la formation sont autant de pistes à découvrir. Pour cela il vous suffira de vous rendre dans la rubrique « formation » située à gauche de votre écran.

http://emploi.france5.fr/

 

 

Les formations de dernière minute

 

Les demandeurs d’emploi peuvent également bénéficier de formations financées par le Pôle emploi (s’ils sont indemnisés) ou par l’Etat, notamment à travers les formations de l’AFPA (Association pour la formation professionnelle des adultes). Cette dernière forme quelques 6000 stagiaires en Aquitaine chaque année. Ces formations sont gratuites et rémunérées. Vous pouvez en bénéficier après prescription du Pôle emploi ou de la Mission Locale. Un rendez vous auprès d'un psychologue de l'AFPA validera ou pas votre entrée en formation suivant la qualité de votre projet. Chaque jeudi matin dès 9 heures, sans rendez-vous, il est possible de découvrir les formations du centre de formation. Visite des ateliers, rencontres avec les formateurs et les autres stagiaires sont autant d'informations qui peuvent vous permettre de concrétiser votre projet.

L'AFPA forme dans le BTP, l'industrie, le tertiaire administratif et le tertiaire service. Les formations sont validées par des titres professionnels, diplômes délivrés par le ministère de l'Emploi, inscrits au Répertoire national des certifications professionnelles. Elle propose des formations pré-qualifiantes qui permettent de confirmer le choix professionnel. Des formations diplômantes. Des stages de perfectionnement de 1 à 5 jours. Des remises à niveau à distance en culture générale et en culture technique.

Des places dans les formations suivantes sont encore disponibles :

- Coffreur bancheur option bâtiment sur le site de formation et de certification de Bordeaux-Caudéran. Du 05/10/2009 au 30/04/2010.

- Conseiller service client à distance sur le site de formation et de certification bordeaux-Pessac. Du 28/09/2009 au 29/01/2010.

- Gestion pour repreneurs d'entreprise et créateurs sur le site de formation et de certification de Bordeaux-Pessac. Du 09/11/2009 au 26/02/2010.

http://www.aquitaine.afpa.fr/formations/derniere-minute/p...

 

19/09/2009

Concours : Une mention design pour le pin

CONCOURS. Pour la 3ème consécutive, les Trophées Aquitains de Design Industriel sont lancés. Le conseil Régional d'Aquitaine a souhaité promouvoir la filière bois en proposant un nouveau prix : « Le pin maritime dans tous ses états »

 

design-blog-emploi-photo-claude-petit.jpgLe design industriel est une démarche qui permet un juste équilibre entre la technique, l'ergonomie et les aspects humains et économiques. Sa spécificité par rapport à d'autres disciplines se trouve dans la globalité de l'approche et dans la capacité à mettre en volume les idées. Son objectif premier est une valorisation globale du produit tant sur le plan humain que sur le plan économique. En clair, le design industriel permet de produire plus rapidement et à moindre coût des objets plus fonctionnels et plus attractifs pour l'utilisateur. Un avantage certain pour les entreprises. Pourtant, encore beaucoup d'industries régionales ne font pas suffisamment appel aux compétences des designers.

Depuis 2007 le Conseil Régional d'Aquitaine a créé les TADI (Trophées Aquitains de Design Industriel) dans le but de promouvoir le design industriel auprès des entreprises. Ils récompensent les produits conçus et fabriqués en Aquitaine en collaboration avec un designer. Une première phase des TADI concerne le financement de projet. Dès le mois de janvier et ce jusqu'en juin, le Conseil Régional d'Aquitaine  prend en charge (sous réserve d'acceptation) 80% de la prestation du designer. Cette aide concerne les entreprises aquitaines de moins de 250 salariés et de moins de 40 millions d'euros de CA. Celles-ci doivent présenter un projet de création de nouveau produit ou de renouvellement de gamme.

Les deux premières éditions 2007 et 2008 (1) ont permis à 129 entreprises de bénéficier d'un accompagnement financier pour la création d'un nouveau produit. Le montant de ces aides s'élève à  1 409 940 euros.

La deuxième phase concerne plus particulièrement le concours.  « Cette année nous avons travaillé en collaboration avec la société parisienne Théma Design pour l'accompagnement des dossiers. Cette société prospecte les entreprises et propose son aide pour l'élaboration d'un nouveau produit ou le renouvellement d'une gamme et les accompagne dans le suivi du projet » explique Laurence Dupetit du Conseil Régional. En 2008, seuls les deux premiers prix ont été remis. Bossi industrie a remporté le concours pour la conception d'une chaussure de sécurité. Et JLFD production le second prix pour un projet de remorque polyvalente.

 

4 trophées

 

Le jury composé de designers industriels, de chefs d'entreprises, d'un sociologue, d'un spécialiste de l'éco-conception et d'un élu régional sera présidé par Sylvain Dubuisson, architecte et designer. Le jury sera attentif aux critères qui concerneront : le processus de design industriel, le rôle du designer dans le processus de création du produit, l'expérience de l'entreprise en matière de design industriel, les impacts du produit sur l'environnement et la capacité financière de l'entreprise à commercialiser le produits. Le premier prix est de 20 000 euros, le second de 15 000 euros et le prix spécial éco-conception de 20 000 euros. Ce dernier n'a d'ailleurs pas été décerné l'an dernier. Il concerne les produits qui intègrent les aspects environnementaux dans la conception du produit.

Le dernier et tout nouveau trophée « le pin maritime dans tous ses états » a été mis en place dans le cadre du plan tempête adopté par la Région après le passage de Klaus en janvier dernier qui a durement touché l'Aquitaine et plus particulièrement les professionnels de la filière bois. « Ce prix vise à promouvoir les produits issus du pin maritime. Le conseil Régional souhaite montrer par ce biais, les différentes possibilités d'utilisation du pin des Landes. Ce prix sera d'ailleurs reconduit l'année prochaine » précise Laurence Dupetit.

Les entreprises qui souhaitent participer à ce concours, ont jusqu'au 15 octobre prochain pour déposer leur candidature. Les trophées seront remis le 3 décembre lors des « Rencontres du design ».

Contact : Conseil régional d'Aquitaine industrie@aquitaine.fr Tel : 05.57.57.82.26.

(1) A ce jour et pour l'année 2009 : 46 projets bénéficient d'un financement de 449 940 € (contre 23 en 2008)

 

 

Isabelle Le Blanc

 

Légende photo : les TADI (Trophées Aquitains de Design Industriel) récompensent des projets depuis 2007 (Photo Archives Claude Petit)

 


Blog note : Les Forums de l'emploi en Aquitaine

De nombreux forums emploi sont prévus dans les semaines à venir. Le premier concerne plus particulièrement l'emploi et l'handicap. Cette troisième édition des Rencontres emploi handicap se tiendra mardi 22 septembre, de 9h à 17h au Hangar 14, quai des Chartrons à Bordeaux.

La Maison de l’Emploi de Bordeaux et ses partenaires ont créé en 2007 ces "Rencontres emploi handicap" dans l’objectif de favoriser les rencontres entre travailleurs handicapés et entreprises qui recrutent. Les rencontres emploi handicap accueillent 50 stands d'entreprises (Le Club Méditerranée, Cultura, Logica, Groupama, Axa, Banque Populaire, CCSO, Norauto, le CEA, le CHU de Bordeaux, la Mairie de Bordeaux...) et près de 900 postes accessibles aux travailleurs handicapés dans tous les domaines.
Pour répondre au plus près aux attentes des travailleurs handicapés et accompagner un maximum d’entreprises, la Maison de l’emploi proposera de nombreux services : entretiens conseils avec des professionnels du recrutement, validation des projets auprès des structures compétentes, base de données de 700 CV, conseils aux entreprises en terme d’intégration des personnes handicapées, offres de stages...). 
L’ensemble des partenaires (Cap emploi, Agefiph, Pôle emploi...) oeuvrant en faveur de l’emploi des personnes handicapées seront également présents pour répondre aux questions des candidats.

Réservations et inscription en ligne sur le site www.emploi-bordeaux.fr

Gironde

Le Forum Direct Recrutement se tiendra le 25 septembre de 9h à 16h30 au Carré des Jalles à St-Médard-en-Jalles http://www.anpe.fr/region/aquitaine/actualites/agenda/for...
LeForum des commerciaux est à suivre le 22 octobre 2009 de 9h30 à 17h , à l’Ermitage Compostelle au Bouscat.
Le Salon des sports vous donne rendez-vous du 6 au 15 novembre de 10h à 19h au Parc des expositions à Bordeaux-Lac dans le cadre de Conforexpo. http://www.bordeaux-expo.com/conforexpo/salon_sports_conf...

Pyrénées-Atlantiques

Le Village de l’emploi est ouvert le 24 septembre de 9h à 17h et le 25 septembre 2009 de 9h à 12h , dans la Plaine de Saragosse, à Pau . http://www.pau.fr/le_reve/vie_associative/20070913_144018
Le Forum Faites de la création d’entreprise est programmé pour le 22 octobre de 9h à 17h, 50 allées Marines à Bayonne. http://www.bayonne.cci.fr/

___________________________

Trois questions à :

Christian Colvis, architecte designer et porteur du projet Innovapin

colvis-blog-emploi-photo-thierry-david.jpgPouvez vous développer les trois projets que vous présenterez lors de ces Trophées ?

Le premier concerne l'isolation thermique des bâtiments par l'extérieur avec du clin grande longueur. Le second présente une nouvelle collection de bardages prévus notamment pour les bâtiments publics. Deux projets qui ont pu voir le jour grâce à la nouvelle technique du collage de bois verts. Le dernier projet est en attente concerne de l'écorce compressée et agglomérée qui serait associée à des murs végétaux dans le but d'intégrer les bâtiments à l'environnement.

Quelles sont les réactions des industriels de la filière bois face à ce type de concours ?

La filière bois a énormément souffert lors de la dernière tempête et souffre encore. Les professionnels peinent économiquement et bien souvent l'idée même d'intégrer ce genre de concours leur est totalement étrangère. De plus, la commercialisation du produit a un coût financier important, avec un retour sur investissement relativement long.  Bien peu aujourd'hui peuvent se le permettre. Toutefois, je suis parvenu à persuader certaines entreprises de participer.

Pour vous cette promotion peut-elle avoir sa place dans ce contexte ?

Oui, bien entendu. C'est toujours excellent de vouloir promouvoir le design industriel et encore plus pour ce qui concerne les entreprises du bois. D'ailleurs, à mon avis, le développement de la filière ne passera que par cette voie.

17/09/2009

Le tour des écoles d'ingénieurs d'Aquitaine

FORMATION. Les établissements du CESI situés en région Midi-Pyrénées et Aquitaine ont fusionné depuis le début de l'année. Cette nouvelle configuration permet une synergie des moyens et des compétences.

 

blog-emploi-cesi-12-sept-09.JPGBernard Château est le nouveau directeur de la région Sud-Ouest au CESI (Centre d'Études Supérieures Industrielles) qui comprend dorénavant Midi-Pyrénées et l'Aquitaine. Anciennement directeur de la région Midi-Pyrénées, Bernard Château travaille depuis une vingtaine d'années au service du CESI : « Cette fusion a été décidée l'an dernier et mise en place en début d'année. Elle a notamment permis de créer un effet de synergie. Un certain nombre de projets sont en cours de maturation pour mettre à profit cette nouvelle organisation ». Des actions transversales sont mises en place qui visent essentiellement le croisement des compétences. Par exemple, un formateur spécialisé peut aujourd'hui élargir son périmètre d'action sur les différents sites de la région. Des dispositions sans nul doute, placées aussi, sous le signe de l'économie. En effet,  à l'heure où la crise frappe à toutes les portes, le domaine de la formation n'est pas épargné.

« Pour les élèves ces dispositions ne changeront pas grand-chose. Toutefois, la pédagogie devrait s'en trouver nettement améliorée, grâce à des actions communes et à des échanges inter-formateurs plus importants » précise Bernard Château.

Côté chiffres, la région Sud-Ouest est placée au second rang parmi les sept directions régionales du CESI en France. Elle regroupe quatre sites dont Bordeaux, Toulouse, Pau et Montpellier et représente environ le quart de l'activité du Groupe. Ces sites forment environ deux à trois mille personnes dans l'année. Trois marques sont développées : L'école d'ingénieurs (l'EI.CESI) qui propose formation continue et par apprentissage et mastères spécialisés. Le CESI entreprises qui couvre l'activité de formation dédiée à la clientèle des entreprises. Enfin, l'Ecole Supérieure d'Informatique (EXIA) qui forme des professionnels des métiers de l'informatique.

 

Zoom sur l'école d'ingénieurs

Pour la petite histoire, l’école d'ingénieurs du groupe CESI a été créée en 1958 par des entreprises industrielles (SNECMA, Renault, Telemecanique, CEM). D'une part, pour pallier à la pénurie d’ingénieurs en France. Et d'autre part pour permettre à leurs techniciens supérieurs et à leurs agents de maîtrise d’accéder à une fonction d’ingénieur. C'est sur ce dernier volet, que le centre de formation a mis les bouchées doubles.

« Les entreprises avaient souvent du mal à accepter de faire partir leur technicien pour cette formation qui dure 20 mois (dont 7 en entreprises), c'est pour cette raison que l'EI.CESI a perfectionné la formation individuelle. » Une formation qui répond mieux aux demandes des employeurs et qui peut s'étaler sur trois ans. Sectionnée en différents modules, cette formation d'ingénieurs sera dispensée « à la carte » et mise en place dès avril 2010.

Un deuxième volet sera consacré à la mise en place de formation à distance entre autre pour certaines matières scientifiques « Il y a quelques années, beaucoup d'espoirs étaient placés dans la formation à distance. Aujourd'hui, c'est l'approche mixte qui est privilégiée. De la formation à distance pour certaines matières, tandis que d'autres nécessitent une présence ».

 

Isabelle Le Blanc

 

Légende photo : Bernard Château est le nouveau directeur de la région Sud-Ouest au Centre d'Études Supérieures Industrielles, à Blanquefort (Photo I. L. B.)

 

Blog note ingénieux

Quelles sont les grandes écoles d'ingénieurs? Comment y être admis ? Comment les retrouver par régions, par classe d'écoles ? Quelles sont les formations d'ingénieurs par la formation continue ? Vous trouverez toutes les réponses sur une page-portail très laide mais très pratique : http://www.cefi.org/ingenieur.html

Encore plus complet, vous pouvez aller directement vers le portail gouvernemental. Toutefois, si vous trouvez là la liste exhaustive des écoles d'ingénieurs habilitées à délivrer le titre d'ingénieur diplômé, classées par académie, vous n'obtiendrez que l'adresse postale et le téléphone, pas de liens vers leurs sites Internet. wwww.enseignementsup-recherche.gouv.fr/organism/ecolinge....

Dis-moi ton sigle

Les écoles d'ingénieur sont reconnues... pour leur propension à disposer de sigle abscons que personne ne comprend, sauf les intéressés et les employeurs potentiels. Ainsi, pour l'académie de Bordeaux, vous devrez naviguer entre :

CESI BORDEAUX : Centre d'études supérieures industrielles, centre régional d'Aquitaine Midi-Pyrénées, à Blanquefort (lire ci-dessus) : http://www.cesi.fr

ENITAB : Ecole Nationale d'Ingénieurs des Travaux Agricoles de Bordeaux : http://www.enitab.fr

ENSAM CER : Ecole nationale supérieure d'arts et métiers, centre d'enseignement et de recherche de Talence : www.ensam.fr

ENSCPB : Ecole Nationale Supérieure de Chimie et de Physique de Bordeaux : http://www.enscpb.fr

ENSEIRB : Ecole Nationale Supérieure d'Electronique, Informatique et de Radiocommunications de Bordeaux : http://www.enseirb.fr

ENSGTI : Ecole nationale supérieure en génie des technologies industrielles, à Pau : http://ensgti.univ-pau.fr

ESACG : Ecole Supérieure d'Application des Corps Gras, à Pessac.

ESTB : Ecole supérieure de technologie des biomolécules de Bordeaux : http://www.formations.u-bordeaux2.fr/formation/estbb/inge...

ESTIA : Ecole supérieure des technologies industrielles avancées, à Bayonne : http://www.estia.fr)

ESTBB : Ecole supérieure de technologie des biomolécules de Bordeaux : www.estbb.u-bordeaux2.fr

IDC : Institut de cognitive, à Bordeaux : http://www.idc.bem.edu

ISA-BTP : Institut supérieur aquitain du bâtiment et des travaux publics. Ecole d'ingénieurs dépendant de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour, à Anglet : http://isabtp.univ-pau.fr

ISTAB : Institut des sciences et techniques des aliments de Bordeaux, à Talence : http://www.istab.u-bordeaux1.fr

MATMECA.: Ecole d'ingénieurs en modélisation mathématique et mécanique, à Talence : http://www.matmeca.u-bordeaux1.fr/

08/09/2009

Handicap : Une entreprise comme les autres

EMPLOI. Gestform, « entreprise adaptée », spécialisée dans l'archivage et la sous-traitance administrative, compte 260 salariés, dont 80% sont des travailleurs handicapés.

 

gestform-blog-emploi-5-sept-09.JPGSi le leitmotiv des entreprises se traduit par la volonté de se démarquer, Gestform tient quant à elle à être considérée comme ses consœurs : une entreprise ordinaire. Un paradoxe qui s'explique par son statut très particulier : Sous tutelle du Ministère du Travail et de l'Emploi, Gestform est une entreprise adaptée.

Anciennement atelier protégé, aujourd'hui entreprise adaptée (1), la forme change mais pas le fond. Gestform a été créée en 1986 par Jean Van Massenhove, cadre retraité de l'aéronautique. L'intégration des personnes handicapées dans le milieu professionnel était alors son fer de lance. L'équipe dirigeante continue de mener avec succès cette politique d'intégration. Gestform compte aujourd'hui un effectif de 260 salariés disséminés sur plusieurs unités de production. La première se situe en Aquitaine, sur les communes girondines de Mérignac et du Haillan et sa petite sœur est basée à Plaisance-du-Touch, en région Midi-Pyrénées.

« Jean van Massenhove a eu la volonté de créer un véritable métier industriel. Notre activité s'est élargie de la gestion pure du documentaire à l'externalisation des process administratifs. Nous proposons également études et conseils à nos clients » précise Olivier Theron, directeur de l'entreprise. Des clients de renom tels EADS, Capgemini, la CPAM, AG2R ou la SNCF travaillent avec Gestform.  Des contrats qui se gagnent aujourd'hui sur consultations et appels d'offres avec toutefois un avantage supplémentaire. En effet, les sociétés qui sous-traitent auprès d'une entreprise adaptée, bénéficient d'une réduction significative de la contribution AGEFIPH. Un avantage qu'Olivier Theron qualifie de cerise sur le gâteau: « Il y a quelques années nous avons répondu à un appel d'offre d'Airbus pour de la numérisation de documents. Nous étions une dizaine en lice dont seulement deux entreprises adaptées. Nous avons remporté le marché grâce à nos compétences techniques. »

A quelques différences près

La plupart des handicaps des salariés de Gesform sont d'ordre physique. Orientés par la Maison de l'Handicap, ils ont souvent des parcours difficiles. La plupart d'entre eux ont été mis à l'écart du système scolaire, puis de la vie professionnelle. « Nous notons ces dernières années une recrudescence d'handicaps que l'on appelle « psychologiques ». Beaucoup de jeunes qui sortent de graves dépressions. Ce sont des cas difficiles mais nous avons vu de très belles réussites parmi eux ».

S'il est vrai que Gestform est soumise aux mêmes lois du marché que ses congénères, il subsiste quelques subtilités qui font la différence. « Nous admettons tout d'abord que l'égalité n'existe pas. Nos salariés n'ont pas les mêmes possibilités. Si l'un peut, par exemple, traiter 400 documents dans la journée, un autre en traitera 200. Pour autant s'ils ont rempli leur quota, ils auront droit chacun, à une prime de fin de l'année. Pour calculer notre coût de production, nous considérons que nous pouvons produire une moyenne de 300 documents par jour. »  Une gestion des compétences qui prend également toute sa mesure lors des recrutements. Le choix du poste, la compatibilité avec l'handicap, certaines adaptations particulières et surtout une formation est assurée pour chaque salarié. L'attention et l'accompagnement sont ici plus poussés qu'ailleurs. « J'essaye par dessus tout de ne pas faire de différence même s'il est vrai que nous prenons plus de temps avec les personnes qui travaillent à Gestform. Ce que pourrait faire nombre d'autres entreprises d'ailleurs » conclut Olivier Theron. Pareil, mais différent, avec un « je-ne-sais-quoi » de sensibilité supplémentaire en somme.

 

(1) L'entreprise adaptée ( loi 2005-102 du 11 février 2005 ) est une entreprise du milieu ordinaire du travail employant au moins 80 % de travailleurs handicapés. Elle bénéficie en outre, d’aides de l’Etat.

 

LEGENDE Olivier Theron (à droite) dans un atelier où sont numérisés les documents des clients de Gestform (Photo I.L.B.)

 

Isabelle Le Blanc

 

 


Le blog note de l'Handicap

Savoir. Évidemment certains se plaindront qu'Handiplace est un site du CRDI (Centre de Ressources, de Développement et d' Informations) de Rhône-Alpes. Qu'importe, Internet est sans frontières, l'information n'a pas plus de légitimité en Gironde qu'ailleurs. Les offres d'emploi ainsi que les grandes rencontres qui y sont répertoriées s'étalent sur la France entière. Le site est très bien fait, la navigation facile et la manne d'informations, conséquente. http://www.handiplace.org/

Pouvoir. Les droits avant les démarches, sont à lire sur le site très officiel du, retenez votre souffle, Ministère du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville. Rien de bien original mais vous pourrez y trouver tout ce qu'il y a à savoir sur les entreprises adaptées, les centres de distribution de travail à domicile (CTDT) et les aides aux employeurs. Mais aussi plus largement sur les droits des travailleurs handicapés. http://www.travail-solidarite.gouv.fr/espaces/handicap/

Voir. L'Agefiph national et en région avec son site flambant neuf. Vous pourrez y lire, en cherchant un peu, une étude sur l'état de l'handicap en Aquitaine dont le chiffre très peu flatteur :  44% des établissements contribuant à l'Agefiph en Aquitaine ne réalisent aucune action en faveur de l'emploi des personnes handicapées. Soit 1041 établissements à quota zéro en 2008 (-11.3% par rapport à 2007). http://www.agefiph.fr/

Devoirs. Le site du CNTH, un portail ressources sur la formation, la certification et l'insertion professionnelles des personnes en situation de handicap. Vous y trouverez entre autre un catalogue de formation en ligne. Des dossiers thématiques, qui portent sur des sujets tels que l'emploi des personnes handicapées dans la fonction publique. A noter les liens indispensables sur la formation et l'handicap (colonne de gauche dans « ressources »). http://www.cnth-roiffe.afpa.fr/

Vouloir. Un peu d'action avec l'ADAPT l'association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées. Vous pourrez y trouver le programme de la 13ème Semaine pour l’emploi de personnes handicapées se déroulera du 16 au 22 novembre 2009. L’Agefiph, le FIPHFP et L’ADAPT coordonnent la prochaine Semaine pour l’emploi des personnes handicapées qui favorise chaque année le recrutement des travailleurs handicapés. http://www.ladapt.net/


Troisièmes rencontres emploi-handicap

Le 22 septembre, la Maison de l'Emploi de Bordeaux organise pour la troisième année consécutive des Rencontres Emploi Handicap. Ces rencontres ont pour objectif de mettre en contact travailleurs handicapés et entreprises qui recrutent. Au programme, plus de cinquante stands d'entreprises seront présents avec 650 postes accessibles aux travailleurs handicapés. Un espace spécifique "Bourse aux stages" et plus de 2000 candidats invités. Vous pourrez également bénéficier d'entretiens conseils auprès de spécialistes du recrutement ou encore valider votre projet auprès des structures d’accompagnement présentes.

Si vous êtes employeurs, vous pourrez rencontrer des candidats prêts à l’emploi, suivis et accompagnés par des structures spécialisées. Mais aussi, disposer, à l’issue de la manifestation, d’une base de données de 700 CV (en version numérique). Et également profiter de conseils en terme d’intégration de personnes handicapées dans votre entreprise.

Cette manifestation aura lieu au hangar 14, le mardi 22 septembre prochain de 9 heures à 17 heures. Quelques jours avant les rencontres, vous pourrez consulter les offres d'emploi et voir les entreprises qui seront présentes, sur le site de la Maison de l'emploi : http://www.emploi-bordeaux.fr/

Les inscriptions peuvent se faire en ligne, par fax au 05.40.12.10.19 ou par courrier : Maison de l'emploi de Bordeaux, 100 quai des Chartrons 33300 Bordeaux.

31/08/2009

Cap-Gestion franchit le cap avec les TPE

ENTREPRISE. Créé il y a tout juste un an, Cap-Gestion apporte aux entrepreneurs une aide à la création, à la gestion et à l'organisation de leurs entreprises.

 

blog-emploi-29-aout-2009-helene-dujardin.jpgNathalie Dujardin, bordelaise,  a tout juste 37 ans quand elle crée sa propre société Cap-Gestion : « J'ai travaillé durant neuf mois pour développer et mettre en place un réseau avant de me lancer et de pouvoir démarrer avec mes premiers clients ». Une gestation volontairement longue, mais qui a porté ses fruits. La jeune entrepreneuse s'est tissée un réseau notamment par le biais d'Internet dans le but de se faire connaître. « Des débuts sur Viadeo puis sur Facebook et tout dernièrement sur Twitter m'ont permis de tisser ma toile et de me bâtir une réputation dans le milieu bordelais. Ces réseaux sociaux sont d'excellents outils ».

Riche d'une expérience professionnelle de 15 ans, spécialisée dans la gestion de la petite entreprise, Nathalie Dujardin a réalisé son rêve : créer sa propre entreprise. "j'ai été confronté à la liquidation judiciaire de la société informatique dans laquelle je travaillais. Je n'avais pas envie de partir à la chasse aux employeurs et 'avais très envie de pouvoir gérer ma propre activité. J'ai décidé de saisir l'opportunité. »

Première bougie

Spécialiste de la petite entreprise, Cap Gestion propose aux entreprises, et aux indépendants tels que les artisans, consultants, ou commerçants, différents services : L'aide à la création d'entreprise, mais aussi du conseil en gestion et organisation, de l'assistance administrative, de la gestion commerciale, de l'assistance marketing, de la gestion du personnel et de la paie, et de la formation aux outils de gestion.

Après plusieurs mois d'activité, Nathalie Dujardin a également dû répondre à un besoin important des entrepreneurs en matière de communication. « Les petites structures n'ont pas toujours le budget pour investir dans le volet communication, pourtant indispensable. De plus, leurs responsables n'ont pas forcément les compétences en la matière. »

Entourée d'une équipe de professionnels du graphisme et de la création de sites Internet, Cap Gestion a ajouté une nouvelle corde à son arc avec Cap Com. Ce dernier né, propose un service dédié à la communication des petites entreprises : identité visuelle, papeterie, plaquettes, conception de newsletter, sites internet ou blogs. Un site lui sera d'ailleurs totalement dédié dès la rentrée.

D'autres projets sont également en cours de maturation, comme des formations auprès de créateurs d'entreprise qui prendraient la forme d'ateliers personnalisés. Ces formations pourraient pourquoi pas, s'accompagner de coaching et de conseil.

« Pour réaliser ce dernier projet il est nécessaire que je trouve un local. J'espère que je pourrais le mettre en place en janvier prochain ». En attendant Nathalie Dujardin dresse un premier bilan très positif de première année d'activité : « J'ai beaucoup apprécié ce début de parcours, j'ai pu ainsi mesurer la solidité de mon réseau »… Et elle a d’autant plus raison que l’idée d’écrire cet article est venue en consultant ses écrits sur Twitter.

http://www.cap-gestion.com/

http://twitter.com/capgestion

http://www.facebook.com/nathalie.dujardin

 

 

LEGENDE Nathalie Dujardin (Photo DR)

 

Isabelle Le Blanc

 

 

Blog note : L’agenda girondin de septembre

3 septembre : A 9h30 au 4 rue Jean-Jacques Rousseau à Bordeaux, le CIDFF Gironde (Centre d'information sur les droits des femmes et des familles) propose une réunion d'information sur une formation de 4 mois pour les femmes en recherche d'emploi ou souhaitant créer leur entreprise.  Renseignements au 05 56 44 30 30

9 septembre : De 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures, au Site technologique de Marticotà Cestas, Bordeaux Productic organise une réunion sur le thème "Pourquoi et comment bénéficier du dispositif NACRE (Nouvelle aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise)". Entretiens/diagnostics gratuits à tous porteurs de projet inscrits. Renseignements au 05 56 21 59 59

10 septembre : De 9 heures à 12 heures au CIF (Centre d'innovation et de formation), avenue Jean Alfonséa à Floirac, les Hauts de Garonne Développement, avec l'ADIE (Association pour le droit à l'initiative économique) organisent un atelier d'information sur le nouveau régime destiné aux créateurs de petite entreprise. Renseignements au 05 57 54 32 50

10 septembre. De 10 heures à 17heures (entrée gratuite) au Hangar 14, Quai des Chartrons à Bordeaux : Rencontres Jobs. Ce salon de recrutement dédié aux fonctions commerciales et métiers de la distribution réunira une vingtaine d'entreprises qui recrutent des jeunes diplômés, Bac+2 à Bac + 4/5, mais aussi des candidats ayant une solide  expérience dans la vente terrain et les métiers de la distribution. Toutes les infos sur les postes proposés et votre invitation gratuite le site: www.jobrencontres.fr.

17-18 septembre : La Maison de l'emploi de Bordeaux met en place un atelier pour les futurs créateurs d'entreprise, avec 3 modules ("étude de marché", "plan d'affaires" et "statuts"). Jeudi de 9 heures à 17 heures ; vendredi de 9 heures à 12 heures. Ces rencontres se dérouleront à Cap Sciences, 20 quai de Bacalan à Bordeaux. Renseignements au 05 40 12 10 10.

17 septembre : Toute la journée, les 3 chambres consulaires d'Aquitaine (agriculture, commerce et industrie, métiers et artisanat) et le Conseil régional d'Aquitaine présenteront une "Journée de l'économie", sur le thème "Rebondir face à la crise". Elle se tiendra au Palais des congrès de Bordeaux.

22 septembre : La Maison de l'emploi de Bordeaux organise les Rencontres emploi handicap. Cette mise en relation entre les entreprises et les travailleurs handicapés qualifiés se tiendra toute la journée au Hangar 14, quai des Chartrons à Bordeaux. Renseignements au 05 40 12 10 11

22/08/2009

Eric Guyomard. Passions : l’océan, le surf

PORTRAIT. Identité : Eric Guyomard. Lieu de résidence : Hourtin (Gironde). Profession : Moniteur de surf.

 

surf-blog-emploi.jpgCheveux longs délavés par le soleil, peau bronzée, lunettes de soleil, une planche à la main, le regard planté sur l’horizon : Ça, c’est pour l’image d’Epinal.

Loin de ces clichés éculés, il y a surtout une proximité avec la nature, un goût immodéré pour les sensations fortes, et une passion à assouvir. Certains ont la chance de pouvoir vivre de cette passion. C’est le cas d’Eric Guyomard, responsable et moniteur du Surf Club d’Hourtin.

Encore l’an dernier, il y était stagiaire BP JEPS. Son implication au sein du Surf club a fait le reste. Nommé responsable en mars dernier, Eric Guyomard est saisonnier cette année, au côté de trois autres moniteurs (dont un stagiaire BP). « J’ai toujours été dans les vagues depuis gamin. Même s’il y a encore cinq ou six ans, j’étais plutôt porté vers l’athlétisme. Et puis j’ai commencé à pratiquer le surf de manière plus intensive. J’avais déjà une expérience d’entraîneur  et, sur les conseils de Fanfan, l’ancien responsable du club, j’ai fait cette formation BP JEPS ». Une formation qu’il a passée à la Fédération Française de Surf d'Hossegor. Tout récent ce cursus a remplacé le diplôme d’Etat déjà existant (voir blog notes). Eric Guyomard ne manquait pourtant pas de bagages : STAPS, DEUST, DEUG, Licence pro dans l’entraînement et le management de sport, il ne parvenait pourtant pas à trouver un emploi. Cette « petite ligne » ajoutée à son cv a fait la différence.

La journée type du jeune surfeur démarre dès 9 heures avec la gestion des plannings, la vérification du matériel. Puis les cours toute la journée, répartis en trois créneaux horaires. Et enfin, la partie administrative en fin de journée. « Comme je suis également bénévole au club, je finis en général vers 21 heures et ce, six jours sur sept. Ça me fait de bonnes journées » dit-il en souriant.

Un sport fédérateur

Les cours de surf se déroulent soit en groupe avec un moniteur pour huit personnes, soit sous la forme de cours particulier : « En juillet nous avons un maximum d’étrangers et en août le public est plutôt familial. » Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le surf ne concerne pas seulement les jeunes. Il vise aussi les enfants dès 7-8 ans et les adultes parfois quinquagénaires. Le plaisir est évident dans le discours du jeune moniteur : « c’est un métier passionnant. D’abord parce que nous sommes toujours en contact avec la nature et l’ambiance est excellente. Les gens prennent beaucoup de plaisir à apprendre cette pratique et nous faisons en sorte de mettre en place de bonnes relations. De toute manière, le surf est une discipline très cool ». Un métier qui, comme les autres, apporte aussi son lot de contraintes : « Nous sommes tributaires des conditions climatiques : quand il y a trop de vagues ou pas assez, nous devons expliquer pourquoi il est impossible de surfer ce jour-là. D’autre fois encore, l’océan est plus dangereux que d’habitude et nous devons redoubler de vigilance. C’est assez stressant lorsque nous devons passer plus de temps à surveiller qu’à mener notre cours à bien. Il nous arrive à tous d’ailleurs, de devoir intervenir mais nous sommes formés pour, ça fait partie du métier.»

Une fois la saison terminée, Eric Guyomard part pour le collège d’Hourtin où il exerce en tant qu’assistant pédagogique. «Cette année encore je vais rempiler sur le collège, même si je travaille encore une quarantaine d’heures par mois pour le club. J’espère qu’à long terme je pourrais cumuler mon emploi de saisonnier à un autre mi-temps ». En attendant, les activités du club doivent être organisées : Les compétitions à venir, dont la coupe de Gironde et la coupe de France, qui auront lieu respectivement les 5-6 et les 19-20 septembre prochain. Un voyage à l’étranger pour les surfeurs confirmés, licenciés du club. Et, pourquoi pas, l’achat d’un mini-bus pour les déplacements. En attendant, Eric Guyomard est positif « c’est une très bonne expérience qui pourra me servir à l’avenir et qui, pour l’instan,t me procure beaucoup de plaisir.»

LEGENDE : Tout juste âgé de 26 ans, Eric Guyomard est le nouveau responsable du club de surf d’Hourtin. (Photo I.L-B)

 

Isabelle Le Blanc

 


Blog note : Les métiers du Surf

Le titre offficiel du diplôme est : « Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (BP JEPS) spécialité activités nautiques mention monovalente surf ». Le temps de décliner son titre de noblesse des mers et la vague est déjà passée. Autrement dit, « surfer professionnel » pouvant enseigner son art, avec la manière. Le titulaire d’un BP JEPS est avant tout un animateur. Il assure l’information et la prise en charge des publics et anime la structure au travers de l‘activité de la spécialité. Il assure la promotion de celle-ci. Il est aussi un pédagogue qui assure l’animation et l’encadrement des activités de la spécialité allant de la découverte à l’initiation et, selon les cas, incluant l’entraînement aux premiers niveaux de compétition. Il est également un organisateur et un gestionnaire qui participe à la mise en œuvre du projet pédagogique, à l’organisation et à la gestion administrative de son activité. Il travaille en équipe et participe au fonctionnement de la structure organisatrice responsable de cette activité. C’est enfin un technicien qui assure l’entretien et la maintenance des matériels utilisés. Le BPJEPS est délivré au titre d’une spécialité assortie, selon les cas, d’une mention monovalente ou plurivalente. A ce jour quinze spécialités sont offertes (10 relevant du secteur de l’animation sportive et 5 pour celui de l’animation socio-culturelle). Celui concernant le surf fait partie de la "famille" des activités nautiques. La formation au BP JEPS est constituée, pour chaque spécialité, à partir du référentiel professionnel défini dans l’arrêté spécifique de spécialité. Il s’agit de formation professionnelle, initiale ou continue basée sur le principe de la formation en alternance. Pour se plonger dans le bain, vous pouvez aller directement sur www.sports.gouv.fr et taper "surf" dans le moteur de recherche du portail gouvernemental. Si vous voulez quelque chose d'un peu plus fun, vous trouverez également des renseignements sur le blog de l'UCPA. Au-delà de la connaissance des différences entre longboarders, bodyboardeurs et autres kneeboarders, l'Union nationale des centres sportifs en plein air (UCPA) vous proposera un forum pour discuter, échanger ou vendre et acheter du matériel. Dans la partie réservée au surf, on vous expliquera le déroulé d'un stage, le matériel, etc. http://blogs.ucpa.com/surf/index.php

15/08/2009

Juliette Plumecocq-Mech : Profession comédienne

PORTRAIT. Identité : Juliette Plumecocq-Mech. Lieu de résidence : Cap-Ferret. Profession : Comédienne. Passions : le théâtre, le cirque, l'humour.

blog-emploi-15-aout-09.jpgJuliette Plumecocq-Mech, un nom pareil ça ne s'invente pas. Un personnage comme Juliette, non plus. Pétillante, drôle, infatigable, la comédienne est dans la vie comme sur les planches : Une personnalité hors du commun, à l'image de son parcours professionnel.

L'histoire a débuté au lycée : « Notre professeur de français nous faisait faire du théâtre. Nous apprenions un texte de Phèdre. Une copine m'a demandé de lui donner la réplique pour un concours. J'ignorais complètement de quoi il s'agissait, mais j'ai dit oui ». Le concours en question était celui du Conservatoire de Bordeaux Jacques Thibaud. Il permettait d'entrer en 1ère année d'initiation Arts dramatiques. « Quand je suis montée sur scène, j'ai donné la réplique à mon amie et j'ai dit aux membres du jury, que je voulais moi aussi, tenter le concours. Ils m'ont expliqué que ce n'était pas possible ». L'impossible ne faisant pas partie de son vocabulaire,  Juliette Plumecocq-Mech a tout simplement refusé de descendre de scène. Elle déclamerait le texte de Phèdre, qu'elle avait travaillé en cours. Il faut croire que la pugnacité a payé. Sur la liste des reçus, figuré celui de Juliette Plumecocq-Mech. L'aventure a pu continuer, c'était en 1986.

Durant 3 ans, une première en initiation et deux autres en professionnelle, la comédienne a monté des spectacles avec d'autres comédiens. Plus ou moins élaborés, toujours décapants, les bars rocks bordelais se souviennent encore, des sketchs des « Anges Fhurieux » ou du « Théâtre Rauque ». Des années d'apprentissage qui oscillaient entre scènes burlesques et formation classique et solide du conservatoire.

Après la montée des planches, la montée parisienne

« Sitôt arrivée à Paris je me suis inscrite à des cours de clown avec 2 autres comédiens-amis. J'ai été engagé une première fois par une compagnie de clowns. Et puis très vite j'ai travaillé avec des artistes comme Jango Edwards ou les frères Colombaïoni. Ils m'ont beaucoup appris ». Quelques années plus tard elle monte la Compagnie 'Terrain Vague (titre provisoire)' avec Christophe Rauck. « Nous avions monté 'Le Cercle de craie caucasien' de Brecht avec seulement 400 francs. A la 1ère représentation nous avions 350 personnes dans le public. Immédiatement après, nous avons été invités à Berlin au Berliner Ensemble (Théâtre fondé par Brecht). La tournée de cette pièce a duré 2 ans. » Ont suivi d'autres pièces tels que "Le Rire des asticots" de Cami, "Dialogues Tétus", d'Isabelle Ronayette et de Ricardo Lopez Munoz. On la retrouve dans le « Revizor » mis en scène par Christophe Rauck. Egalement avec le colombien, Omar Porras pour « Maître Puntila et son valet Matti » où elle joue avec brio le rôle de Matti. Enfin dernièrement dans « Coeur ardent » d'Alexandre Ostrovski. L'actrice joue souvent des rôles masculins, elle aime cette ambigüité : « J'adore jouer les jeunes premiers, ça me permet de développer de nouvelles ficelles ».

Aujourd'hui, Juliette Plumecocq-Mech travaille toujours avec Christophe Rauck, une aventure qui dure depuis 17 ans.

 

LEGENDE : Juliette Plumecocq-Mech est en tournée dans le monde entier 11 mois sur 12. (Photo I.L.-B.)

 

 

Isabelle Le Blanc

 

 

 

Blog note : Mettre en scène sa formation

En France, les écoles de théâtre, comédie et autres arts dramatiques se comptent par millier. Il suffit de voir la pléthore de "liens commerciaux" qui apparaissent sur Google pour peu que vous fassiez une recherche "école comédien".

Cours Florent

L'une des écoles les plus connues sur la place parisienne est celle des cours Florent. Ouverte à tous, la formation professionnelle au métier de comédien de Florent dure 3 ans. Pour intégrer le cursus de formation d'acteur, il est nécessaire, pour les débutants, de pratiquer un stage d'accès et, pour les confirmés, de passer une audition. http://www.coursflorent.fr/

Plateforme officielle

Si vous préférez vous tourner vers "l'offre" officielle, vous pourrez faire votre choix parmi les dix écoles et conservatoires regroupés dans une "Plateforme de l'enseignement supérieur pour la formation du comédien : Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, Ecole Supérieure d’Art Dramatique du Théâtre National de Strasbourg, Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre de Lyon, Conservatoire National de Région de Bordeaux, Ecole du Théâtre National de Bretagne, Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes, Conservatoire National de Région de Montpellier, Ecole de la Comédie de Saint-Etienne, Ministère de la Culture et de la Communication, Ecole Professionnelle Supérieure d’Art Dramatique du Nord-Pas de Calais.

Le JTN

Ces dix écoles supérieures d’art dramatique ont harmonisé certaines de leurs pratiques en signant une plate-forme commune sur la formation du comédien. Le Jeune théâtre national (JTN) s’est vu confier la mission de mettre ces écoles en réseau pour développer et coordonner leurs différents systèmes d’insertion. Vous trouverez donc tous les renseignements sur http://www.jeune-theatre-national.com/ Par ailleurs, depuis début 2009, les professionnels peuvent consulter, sur le site du jeune théâtre national, un répertoire des artistes issus de ces écoles.

Le CNSAD

Parmi ces dix lieux de culte culturels, on peut mettre l'accent sur le Conservatoire national supérieur d'art dramatique (CNSAD), sans doute le plus prestigieux. Situé à Paris, il est dirigé par Daniel Mesguich. Sa bonne réputation s'explique notamment par la sélection sévère à l'entrée... avec seulement 2 à 3% d'admis chaque année. La durée des études est de trois ans. Chaque promotion compte environ 30 élèves (généralement 15 garçons, 15 filles) plus quelques stagiaires étrangers. http://www.cnsad.fr/interface.php

08/08/2009

N'est pas Lasserpe qui veut

PORTRAIT. Identité : Lasserpe. Lieu de résidence : Commensacq (Landes). Profession : Dessinateur de presse. Passions : l'actualité, l'humour et l'humour.

lasserpe-blog-emploi-8-aout-09.jpgIl est tombé dans la marmite d'Hara-kiri quand il était petit. Qui ? Gilles Lafitte alias Lasserpe pour les aficionados du crobard.

Des gueules cassées, des regards à la limite de la niaiserie, la caricature est bien sentie, reconnaissable entre toutes. Les mots acides fusent, c'est drôle, parfois trash, surtout décapant. Lafitte avait les idées. Depuis que Lasserpe a chopé le style, la mayonnaise a pris et bien pris. Fluide Glacial, Psikopat, l'Humanité, Marianne, Politis  publient tour à tour ses dessins. Un succès qui ne rassure pas pour autant le dessinateur : « Il ne faut pas s'endormir sur ses lauriers. Il faut garder la tête froide, s'il est difficile de percer dans ce métier, il est très facile de revenir à la case départ.»

C'était comment au départ d'ailleurs ? « Avant même que je ne sache dessiner, j'étais déjà dessinateur dans ma tête » dit-il le plus sérieusement du monde. Une carrière qui a débuté sur le tard.  Mais pour être dessinateur de presse, rien ne vaut le terrain et les coups dans la gueule, comme dirait Lasserpe : « J'ai commencé à bosser très jeune et j'ai fait des boulots difficiles. Très vite mes idées se sont situées à gauche, mes lectures ont été à l'avenant : Le Canard enchaîné, Charlie Hebdo, Hara-kiri, Choron, Reiser, Cavana...Nous avions le même humour. Je trouvais la vie dégueulasse et il fallait que je le dise. C'est comme ça, que je supporte le monde».

De la table de restaurant à celle de dessin

Un premier travail dans la restauration à 14 ans en apprentissage, 90 heures de travail par semaine. Puis une reconversion dans la viticulture qui l'envoie tout droit dans le Jurançon. Là, du côté de Beaune, il sera maître de chai, il a 23 ans. « Je faisais des boulots très durs mais je savais que j'étais capable de mieux. A 28 ans, j'ai décidé que je serais dessinateur de presse. J'ai mis les bouchées doubles ». Des heures passées à dessiner : matin, midi et soir c'était sa posologie. « J'envoyais mes dessins au magazine Psikopat, je rêvais d'y être publié. Par chance, Claude Moliterni (directeur de la rédaction de Psikopat) me donnait son avis. Il trouvait mes idées bonnes, mais le dessin était à travailler. Pour être honnête, c'est vrai qu'ils étaient nuls mes premiers dessins. » analyse-t-il en riant. En attendant des premières publications dans des fanzines en 1994 et un an après dans Fluide Glacial. Enfin, en 1997, la pugnacité a payé. Un dessin dans Psykopat. Pour Lasserpe, c'est une consécration ! En 10 ans, une centaine de revues ont accueilli ses dessins. Revues hétéroclites, allant de la presse humoristique à la presse politique en passant par des supports plus institutionnels comme l'INRA ou la ligue de l'enseignement. « J'ai toujours eu carte blanche pour mes dessins et heureusement. Je peux même aller à l'encontre des idées de la revue, mais c'est pour ça qu'on choisit mes dessins : je suis libre. Si je me censurais, mes dessins perdraient tout intérêt. »

C'est sans bouger de son village, dans les Landes à Commensacq, que Lasserpe croque l'actualité. Toute la journée, France info en toile de fond, Internet pointé sur les revues de presse, Lasserpe dessine. « C'est un entraînement. A force de travailler, les idées arrivent rapidement. Le dessin n'a pas besoin de fioritures, seule l'idée est importante. »

Enfin, en janvier 2009, la publication de son premier album « Quelles journées, petit florilège de journées thématiques » et un tour sur les festivals de BD. « En ce moment les lecteurs sont très demandeurs de ce genre d'humour. Je le constate lors des festivals ou avec les réactions des internautes sur mon blog (1). C'est certainement cette période de crise qui veut ça. Pourtant, les dessins de presse sont les premiers à être virés quand les journaux veulent faire des économies. Ils n'ont rien compris !» A bon entendeur...

(1)http://lasserpe.blogs.sudouest.com/

 

 

Isabelle Le Blanc

LEGENDE Gilles Lafitte décape l’actualité depuis son refuge landais (Photo archives Nicolas Le Lièvre)

 

 

07:14 Ecrit par Isabelle Le Blanc dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

06/08/2009

A la conquête de l'Amérique du Sud (paru dans "Sud Ouest" le 1er août 2009)

PORTRAIT. Identité : Régis Durand. Lieu de résidence : Argentine. Profession : Cow-boy. Passions : l'aventure, les voyages, les rencontres.

blog-emploi-1-aout.JPGL'histoire a débuté sur les terres girondines, au cœur d'une exploitation familiale. Régis Durand et son père rêvaient de grands espaces. Déjà, à cette période, le fils effectuait des voyages au Pérou et au Chili avec l'espoir d'y cultiver des asperges. Les possibilités en Argentine étaient alors immenses : Le prix des terres était raisonnable, la renommée de la viande argentine excellente. Le père de Régis Durand s'est emballé, son fils l'a suivi. Le projet a été ficelé en quelques semaines : ce sera un « campo » dédié au bétail sur 2500 hectares de terres argentines. Ni plus, ni moins. Nous sommes en 1996. 13 ans ont passé, Régis Durand revient sur cette aventure peu commune.

« A cette époque beaucoup d'exploitants comme nous se lançaient dans l'aventure notamment dans le nord de l'Argentine. Allemands, Belges, Français mais aussi Argentins du sud se côtoyaient régulièrement. Nous vivions dans une ambiance euphorique, tout était à faire alors ».

Quand l'aventure a débuté, l'exploitation située à Tacanitas dans la province de Santiago Del Estero, comptait 400 hectaresTucumán (Nord de l'Argentine). Passées les premières années difficiles, les Durand connaissent une période d'embellie. Ce qui leur permet de construire une maison sur le campo et de rendre l'exploitation viable. Le campo compte 4 salariés. Trois d'entre eux vivent sur place avec leur famille : « Nous pourrions presque monter une école avec les 16 enfants qui vivent sur le campo, précise en souriant Régis Durand.  Nous entretenons de bons rapports avec les ouvriers du campo pour peu que je ne vienne pas faire le travail avec eux. J'ai essayé au début de défricher à leurs côtés mais ça ne leur plaisait pas du tout. Ils préfèrent faire le travail seuls. Chacun a trouvé sa place, moi je m'occupe de la gestion de l'exploitation, eux du bétail.» de terres défrichées. Le reste n'était que forêt. Après l'achat de quelques têtes de bétail, ces nouveaux éleveurs se sont rendus compte que l'argent manquait. « Ce sont nos 'peones’ (ouvriers) qui, ne voulant pas perdre leur emploi, nous ont conseillé de faire du charbon. C'est ce qui nous a permis de démarrer le campo. Nous couchions le bois, et nous semions de l'herbe. Avec le bois couché on faisait du charbon ce qui nous a payé les clôtures et le défrichage. Nous avons laissé notre cheptel se développer tranquillement et aujourd'hui on compte 800 mères. » La vente du bétail se fait sur pied auprès de commissionnaires pour être en grande partie consommé dans la province de

 

Tout n'est pas rose en pays argentin

Une sécheresse jamais vue en cinquante ans a frappé l'Argentine. Selon des estimations privées, les pertes générées par la sécheresse atteindraient 4 milliards de dollars. « La sécheresse a été difficile à vivre mais cela fait partie des risques de notre métier, nous l'assumons. Par contre la politique du pays rend les choses de plus en plus difficiles. L'Etat a mis l'Argentine par terre avant même que la crise mondiale ne se fasse ressentir. Le pays mettra des années à s'en remettre. » explique Régis Durand. En outre, les autorités argentines seraient plus corrompues ces dernières années, qu'elles ne l'ont été depuis 1995. Selon l'organisation internationale Transparency International (TI) (qui effectue, une étude annuelle sur la situation de la corruption dans 180 pays) : L'Argentine se classe 109ème pour l'année 2008.

« Nous ne sommes pas en mesure de vendre aujourd'hui, nous ne pouvons qu'attendre que la situation s'améliore. Mais si c'était à refaire nous referions la même chose, les erreurs en moins » conclut Régis Durand.

 

Isabelle Le Blanc

LEGENDE Loin de Tacanitas, Régis Durand revient en France de temps en temps pour voir sa famille. Photo IG

25/07/2009

La recette de la blogmania

PORTRAIT. Identité : Anne Lataillade. Lieu de résidence : Bordeaux. Profession : Blogueuse. Passions : La gastronomie, les rencontres et le web.

blog-emploi-25-juillet-09.jpgÉmissions de télévision, affiches publicitaires chez un opérateur téléphonique zesté. Mais aussi, dossiers culinaires auprès de magazines nationaux, articles de presse dans des magazines féminins et dans la presse régionale, livres de recettes... La liste est longue comme deux pages sur un blog, pour aborder le dossier de presse d'Anne Lataillade, blogueuse connue et reconnue pour ses recettes de cuisine. « Papilles et pupilles » (1) est né en juin 2005 à une période où les blogs cuisine étaient encore peu nombreux. « C'est tout à fait par hasard que j'ai créé ce blog. Je m'étais arrêtée de travailler pour m'occuper de mes enfants il y a six ou sept ans. Mon fils était allergique à l'œuf et je suis partie à la pêche aux informations sur Internet. C'est là que j'ai découvert le monde des blogs. Très vite, j'ai été débordée par les recettes éditées sur papier que je ne savais plus où ranger. Je me suis donc décidée à passer de l'autre côté en me lançant moi aussi dans les blogs ».

Originaire de Vichy, Anne Lataillade vit à Bordeaux depuis qu'elle a suivi ses études de finance à l'INSEEC.  Autant dire que la vie de blogueuse n'était pas dans les prévisions. Pour mettre en place son site, il a été nécessaire d'y passer beaucoup de temps. Les initiés le confirmeront, un joli blog attractif et continuellement mis à jour, c'est du travail. Beaucoup de travail. « Outre l'aspect du blog lui même, je passe du temps à visiter les autres sites, à me renseigner sur les nouveautés, à essayer de nouvelles recettes, à échanger avec les autres blogueurs ». Le blog est chronophage, mais quand il devient rémunérateur, le temps passé n'est plus perdu, c'est plus ou moins ainsi qu'Anne Lataillade philosophe.

Les internautes qui souhaiteraient vivre de leur blog sont légions, ceux qui y parviennent sont une toute petite poignée. Anne Lataillade le reconnaît ; elle a eu la chance inouïe de faire partie de ceux-là.

Comment vivre de son blog ?

Très vite, Anne Lataillade a été contactée par des marques via son mail, essentiellement pour le web. Qui une écriture de recette, un dossier de presse, un essai de matériel. Les marques souhaitent souvent un avis de consommateur éclairé considérant que les blogs sont d'excellents vecteurs d'informations. Les nouveaux leaders d'opinions ou pour reprendre le terme anglo-saxon les «e-influencer» sont en effet très courtisés par les fabricants notamment dans ce monde de blogueurs.

« Quand j'ai reçu mes premières demandes, j'avoue que j'étais un peu perdue. Je ne savais ni combien il fallait que je demande, ni comment je devais m'y prendre. Heureusement  j'ai pu me faire aider par une autre blogueuse, Pascale Weeks qui a créé le blog « c'est moi qui l'ai fait ».  Au départ nous n'étions pas nombreux et il était plus facile d'être contactée. C'est vrai qu'aujourd'hui, vu le nombre de blogs, il est difficile de sortir du lot. J'ai eu de la chance » répète-t-elle.

La hasard des rencontres mais aussi le caractère enjoué d'Anne Lataillade et son talent indéniable (n'en déplaise à sa modestie), ont joué dans cette aventure : « Je découvre l'univers des pigistes que je ne connaissais pas et c'est amusant. En ce moment je prépare des articles pour Noël alors que nous sommes en été. J'ai aussi été contactée par un éditeur pour faire un livre de cuisine. J'en ai écrit plusieurs mais j'avoue que je ne me sens pas très à l'aise dans cet exercice. Et puis, il faut le reconnaître, écrire un livre de cuisine c'est à la fois très contraignant et très mal payé » ajoute-t-elle en riant.

La blogueuse fait son entrée dans l'univers souvent envié du télé-travail. Travailler chez soi, choisir son emploi du temps, l'idée fait rêver.

« Aujourd'hui mon blog me sert de vitrine, j'ai des demandes régulières de dossiers thématiques, d'articles divers, des invitations à des évènements gastronomiques, sans avoir de démarches personnelles à faire. C'est magique ! » conclut la blogueuse.

 

(1) http://www.papillesetpupilles.fr/

Isabelle Le Blanc

Légende photo : Anne Lataillade quitte aussi parfois le monde virtuel pour prodiguer ses conseils en direct (Photo Archives Philippe Taris)

Toutes les notes