19/09/2008
L'énergie solaire sera Soleader
(photo DR)
Démarrage solidaire. Le point de départ remonte à 2005, quand Josselin Bret fonde avec un collègue, Yin Hao, l’association Aquitaine Chine. Alors en master Créateurs d’entreprise à Bordeaux IV, les deux collègues réfléchissent sur un projet entreprenarial. « Il nous a fallu un an pour monter le projet et un an pour le concrétiser », précise Josselin Bret.
Les deux associés se sont tournés vers leur entourage familial et professionnel afin de réunir la somme nécessaire au démarrage de Soleader. Un plan de financement de départ de 40.000 euros répartis entre sept associés et un catalogue d’aides : « La CCI et l’Echangeur Bordeaux Aquitaine nous ont apporté une formation, et l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) nous a fourni une aide de 10.000 euros, sans oublier un prêt de 5000 euros de la part de la Caisse sociale de développement de Bordeaux ».
Expérience formatrice. Le jeune homme se souvient également des contacts professionnels concrets obtenus par le biais du Chéquier conseils (1), notamment auprès d’avocats et de comptables.
« Finalement, constate Josselin Bret, ce n’était pas si dur que ça… Mais on ne peut quand même pas dire que c’était facile. Les banques sont plutôt frileuses avec de jeunes inconnus, d’autant plus que nous les avons sollicitées pas forcément au bon moment… en pleine affaire Kerviel. C’est vrai que ça a été un parcours du combattant, mais cela a aussi une expérience bénéfique car formatrice. »
Soleader ne veut pas se contenter d’être simplement un grossiste de plus sur le marché prometteur de l’énergie solaire. « Nous avons aussi notre propre marque (principalement des capteurs solaires) que nous faisons fabriquer en Chine », commente Josselin Bret. La présence de Yin Hao au sein de Soleader est un atout en la matière et un second Chinois fait également partie des associés.
De Lormont (33) à l’international. L’idée est maintenant de développer la marque Soleader et d’ouvrir des franchises dans les autres pays européens, voire même jusqu’en Chine.
« L’objectif est de créer une société internationale et de se servir des bonnes choses et des innovations, aussi bien en France qu’à l’étranger. Nous voulons aussi trouver des distributeurs en France. Maintenant que la société est lancée, je vais faire de la prospection commerciale. L’avenir du marché est prometteur, confie Josselin Bret.»
Soleader est basée sur Lormont, ses entrepôts sont à Blanquefort, mais son avenir est partout où le soleil dispense son énergie. « Il y a un fort potentiel pour l’énergie solaire en Aquitaine, rapporte Josselin Bret. La demande d’installations va forcément augmenter dans la même proportion que la hausse du coût des énergies fossiles. »
(1) Le chéquier-conseil, pris en charge par l’Etat, permet aux porteurs de projet de bénéficier de six heures de conseils.
07:13 Ecrit par Isabelle Le Blanc dans Le Portrait | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : développement, développement durable, entreprise, environnement, innovation, international, jeunes, projet, solidaire
02/08/2008
Un concours pour l'avenir
EMPLOI. Lauréate régionale et finaliste nationale du concours des Dirigeants et Commerciaux de France, Sabrina Agha voit son avenir professionnel s’éclaircir.
Sabrina Agha, élève en 2ème année de BTS
Management des Unités Commerciales à l’ICFA de Bordeaux Lac, connaît enfin la
réussite. Cette jeune femme de 26 ans vient de remporter fin avril la première
place du concours départemental et régional des Dirigeants et Commerciaux de
France. Cette année, c’est McDonald’s France qui proposait un cas d’entreprise
pour ce concours national de
Apprentie à
Oral périlleux. Pour arriver en tête de cette épreuve, Sabrina Agha a dû gérer un écrit conséquent puis un oral périlleux. « L’épreuve écrite, une étude de cas, portait sur la gestion de litiges entre le personnel d’une entreprise et ses clients. L’oral était une synthèse de notre écrit, agrémentée de questions plus personnelles.» Sabrina a concouru dans la catégorie Bac + 2, l’autre épreuve étant réservée aux Bac + 3, 4 et 5.
Après un écrit passé dans son école, l’ICFA de Bordeaux Lac,
la jeune femme a été sélectionnée parmi les 6 finalistes régionaux. Sa
prestation orale à l’hôtel Novotel de Mérignac devant un jury composé de
représentants du ministère de l’Éducation Nationale et de dirigeants
d’entreprises lui a valu de terminer en première position régionale. « J’ai
gagné un bon cadeau à
Sabrina a ensuite présenté son concours au congrès national Fédération Nationale des Dirigeants Commerciaux de France à Toulouse. Après cet oral remarquable, l’étudiante bordelaise s’est finalement classée troisième au niveau national. Cette prestation lui a permis de rencontrer de nombreux dirigeants d’entreprises et de se faire connaître dans la perspective d’une future embauche. « Ce concours est un tremplin. Il y avait 800 personnes présentes lors de mon oral. Beaucoup ont salué ma prestation et m’ont demandé mon CV. Je connais les réalités de l’emploi et je vais essayer de faire fructifier cette belle aventure. »
Trouver un emploi. Car Sabrina a connu le chômage et la galère. Avec un BEP Vente Action Marchande en poche, la jeune étudiante est arrivée à Bordeaux dans le but de trouver un emploi. Après avoir arpenté les sites internet et les agences d’ANPE, Sabrina s’est finalement engagée avec l’ICFA pour un bac professionnel en alternance, puis pour un BTS Management des Unités Commerciales.
Un diplôme de deux ans pour lequel Sabrina a travaillé avec l’agence
Formaposte. Ce centre de formation en alternance a permis à Sabrina de trouver
une formation de conseillère financière à
« Ma formation avec
C’est la première fois qu’une étudiante de Bordeaux se classe dans les trois premières places du concours national. De bon augure pour la jeune femme qui souhaite trouver son futur emploi en Gironde.
Contact : sabrina.agha@free.fr
06:01 Ecrit par Isabelle Le Blanc dans Le Portrait | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alternance, bac pro, banque, formation, internet, multimédia, profession
21/06/2008
Le médecin de l'art

Bénédicte Chambaud, restauratrice sur l’Aquitaine et le Poitou-Charentes s’est occupée de ces soins particuliers. Beaucoup de travail de nettoyage, et quelques retouches... Au total, 60 heures de travail auront été nécessaires. « J’ai dû passer un produit anti-lichens (produit respectueux de l’environnement), rincer à l’eau, déminéraliser, enlever et refaire les joints du socle, procéder à quelques bouchages, notamment sur des anciens trous de fixation, consolider quelques fissures et effectuer des retouches ponctuelles. »
De burin en pinceau. La restauration des œuvres d’art n’est pas seulement nécessaire, elle revêt aussi un caractère quelque peu mystérieux. «A chaque fois que j’ai l’occasion de restaurer une œuvre, je suis touchée et je travaille dans le plus grand respect de ce que l’objet représente. » Emotion, sensibilité, passion, c’est ainsi que Bénédicte Chambaud, restauratrice spécialisée dans la sculpture, décrit son métier.
Quand elle a démarré ses études avec un bac scientifique en poche, c’est tout naturellement vers les Beaux Arts qu’elle s’est tournée. Puis de fil en aiguille, ou de burin en pinceau, une opportunité s’est offerte avec la formation de restaurateur option sculpture qui se déroulait à l’école supérieure des Beaux Arts de Tours. « Chaque restaurateur est spécialisé soit dans la sculpture, soit dans le peinture, les arts du feu, etc. selon l’école dans laquelle il a suivi sa formation. Chaque spécialisation nécessite des techniques qui diffèrent beaucoup, d’où ces différentes branches dans ce métier. »
Entre plaisirs et aléas. Redonner vie à une dormition du 15ème siècle, retoucher un Christ du 12ème, rafraîchir une stèle gallo-romaine, tout en respectant l’authenticité de l’œuvre, font partie des privilèges du métier. «Quand j’ai commencé mes études, je voulais me spécialiser dans l’ethnologie, j’ai d’ailleurs pour cela travaillé sur une section de poteau papou. Je pensais que cela m’ouvrirait les portes de certains musées, mais pas du tout. Finalement je ne regrette pas, les œuvres que je retouche me procurent beaucoup de plaisir. »
Du plaisir aussi avec l’étroite collaboration entre la restauratrice et le musée d’Angoulême qui abrite deux collections de grande importance : une collection d’art d’Afrique et d’Océanie, et une collection archéologique des temps géologiques jusqu’à l’époque médiévale.
Bénédicte Chambaud a ainsi pu revenir à ses premières amours et approcher nombre de sculptures ethnos. « La plupart du temps je travaille avec les monuments historiques et parfois, comme ce fut le cas pour la statue du parc de Lussy, avec une municipalité. Je réponds à des appels d’offres et dois constituer des dossiers importants pour un résultat souvent aléatoire. »
Le revers de la médaille : ne pas savoir quelle sera la prochaine œuvre à restaurer, répondre à des appels d’offre et croiser les doigts pour que son dossier soit retenu parmi les nombreux candidats.
:Isabelle Le Blanc
Bénédicte Chambaud : 06.12.71.28.0609:40 Ecrit par Isabelle Le Blanc dans Le Portrait | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aquitaine, bordeaux, charente, environnement, formation, patrimoine, restauration, travail
02/06/2008
Un crieur sachant crier...
Disparus les crieurs publics en France ? Pas tout à fait... Il existe encore une petite poignée d’irréductibles Gaulois qui exercent leurs talents aux quatre coins du pays. L’histoire de ce métier d’autrefois a redémarré grâce à l’imagination fertile d’une femme, Fred Vargas, à travers son livre « Pars vite et reviens tard » et par l’un de ses personnages savamment brossé, Joss Le Guern.
Ce dernier se voulait crieur en plein cœur de Paris. Il amassait des annonces dans sa drôle de boîte aux lettres. Il prenait son métier tellement à cœur qu’il a su faire des envieux si bien que quelques années après la sortie de ce roman policier, d’autres personnages sont nés et bien ancrés dans la réalité cette fois.
C’est un jeune acteur lyonnais, Gérald Rigaud qui a ouvert la marche en 2004, en devenant crieur dans le quartier de la Croix Rousse. Les annonces sont déposées dans des commerces durant la semaine puis lues, le dimanche matin. La formule marche et l’audience ne cesse de s’accroître. Aujourd’hui, ce sont environ 300 personnes qui se retrouvent à ce rendez-vous hebdomadaire.
Le crieur du cru. C’est en mai l’année dernière que le comédien girondin Nicolas De Teule, de la compagnie Gargantua, a endossé l’habit du crieur public de Bazas (33). Il trouvait que l’idée était d’actualité, que cette alternative médiatique locale pouvait être une réponse à la sur-information ambiante. Plus simplement, l’objectif avoué est de faciliter et de valoriser la communication entre les habitants.
A l’instar de ses confrères, des boîtes aux lettres sont déposées dans les commerces de la commune de Bazas, ainsi qu’à la mairie, et chaque samedi les petites annonces sont lues.
Informations, astuces ou poésie, chacun peut, à travers ses messages, se ré-approprier la parole publique. « J’ai travaillé mon personnage entre le gitan et le faux militaire, j’espère ainsi surprendre les gens ». Après huit années passées dans la comédie et douze dans le milieu du cirque, Nicolas De Teule s’est attaché à ce rôle de crieur. « Après un an de travail, j’espère que ce projet pourra voler de ses propres ailes ».
Chaque samedi matin dès que le temps le permet les Bazadais retrouvent donc leur crieur sur la place du marché où une trentaine d’annonces sont lues.
Sur le site de la compagnie Gargantua (www.cie-gargantua.org), un best-of de ces meilleures annonces a été mis en ligne et on peut y lire : «Jean, mon chevalier, je t’attends devant les portes de la cathédrale pour porter le panier de courses.» ou encore «Si j’avais su, mon persil, je l’aurais fait à 2 euros, tout est parti d’un coup.» de la part du «charcutier devant la cathédrale.»
Ce samedi 31 mai toutefois, le crieur se délocalise à Landiras pour participer au festival « Y a pas loto ce soir »...
Isabelle Le Blanc emploi@sudouest.com
04:32 Ecrit par Isabelle Le Blanc dans Emploi, Le Portrait | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : communication, emploi, gironde, livre, métiers, profession, public
09/05/2008
Trop de diplômes en poche !
Parcours sans faute et avenir tout tracé pour Laurence Wulput, après l’obtention de son DEA (Diplôme d’études appliquées) en Géosciences. Dès sa sortie de l’université en 2004, elle entre au CNRS. Une véritable opportunité pour cette jeune diplômée aujourd’hui âgée de 29 ans. De la Bretagne à l’Aquitaine, il n’y a eu qu’un pas à faire pour suivre son compagnon qui démarre une activité professionnelle dans le Médoc. Les difficultés ont commencé lorsque la géologue décide à la fois de changer de région et, par la même occasion, de passer de la recherche au domaine de l’application.« Je cherche un emploi depuis le mois de septembre dernier, notamment dans les bureaux d’études de la région. Mon cv et mon parcours professionnel sont surtout axés sur la recherche et je connais de grandes difficultés à accéder aux entretiens d’embauche malgré un diplôme solide et une expérience professionnelle reconnue » précise Laurence Wulput.
Motivation vaine. Candidatures spontanées, entretiens conseils, candidatures en ligne... Toutes ces démarches n’ont donné aucun résultat satisfaisant pour le moment. « J’ai également cherché à faire des stages en entreprises, afin d’étoffer mon expérience, mais là, je me heurte à des problèmes administratifs. La plupart des stages accordés par l’ANPE ne durent que quelques dizaines d’heures. Une durée insuffisante pour décrocher une expérience profitable. »
Extrêmement motivée, Laurence Wulput a aussi postulé pour des postes qui exigeaient un diplôme moindre que son DEA. Là encore, ses candidatures n’ont pas été retenues, parce qu’elle était « surdiplômée ». « D’autres élèves de ma promotion ont connu les mêmes déboires et sont partis à l’étranger pour trouver un emploi. »
Lors des entrevues qu’elle peut avoir avec des chefs d’entreprise, la jeune géologue doit à la fois montrer sa volonté et son dynamisme mais aussi se battre pour rectifier l’image qu’ils ont des universitaires. « Souvent ils ont l’impression que les universitaires sont très protégés durant leurs études alors que bien au contraire nous sommes capables très vite d’une grande autonomie. »
Un nouveau cap à passer. Il y a quelques semaines, Laurence Wulput a été convoquée par l’Anpe pour participer à un nouveau programme de recherche d’emploi, le CVE (Cap vers l’emploi). Une douzaine de jeunes faisaient partie du groupe et, durant deux mois et demi, ils ont été épaulés dans leurs recherches professionnelles. « Nous avons pu échanger et partager nos expériences, et rencontrer des chefs d’entreprise. »
Les personnes qui ont terminé ce stage et qui n’ont pas décroché de contrat de travail, sont parrainées par un chef d’entreprise, comme c’est le cas pour Laurence Wulput. Le « parrain » donne des informations au « filleul » sur des emplois possibles et lui permet ainsi de profiter de son réseau professionnel.Parmi les initiatives de ce groupe, une opération « coup de poing » avait été lancée. Durant deux jours, les chercheurs d'emploi ont distribué leur CV aux automobilistes circulant devant les entreprises de la zone industrielle du Phare à Mérignac. Si cette action n'a guère porté ses fruits (un seul emploi décroché suite à cette opération), les derniers entretiens de Laurence Wulput sont davantage porteurs d’espoir. « J’attends des réponses et je poursuis mes recherches. Si elles ne devaient pas aboutir, je changerais de cursus professionnel... Je trouverais ça dommage, ce serait une perte de savoir, de temps et d’argent. »
Isabelle Le Blanc
05:50 Ecrit par Isabelle Le Blanc dans Emploi, Le Portrait | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : anpe, bac, candidature, contrat, diplômes, emploi, entreprise, entretien, formation, jeunes, motivation, profession, recherche, stages, travail
07/03/2008
L'expérience du voyage
TOURISME. Passionnée de voyages, Anne Sorin s’est lancée dans l’aventure de la création de son agence de voyages indépendante. Portrait d’une globe trotter entrepreneuse
Les métiers du tourisme et du voyage sont très attractifs chez les jeunes. Mais comme souvent, la réalité d’un secteur peut s’avérer différente des rêves et des fausses idées qu’il peut véhiculer. C’est par passion qu’Anne Sorin a créé son agence de voyage, Regards d’ailleurs, qui a ouvert ses portes au public en janvier 2007. Elle porte sur son métier un regard à la fois lucide et optimiste.
Un parcours atypique.
C’est riche d’expérience qu’Anne Sorin a créé son entreprise. D’abord, en tant que voyageuse : « Je suis passionnée de voyages depuis l’age de 15 ans. J’ai visité une trentaine de pays. J’ai pas mal bourlingué en sac à dos ». Trilingue (français, anglais, russe) elle a également travaillé à l’étranger. « Après avoir fait une école de commerce, l’INSEEC, à Bordeaux, j’ai travaillé dans l’assurance-assistance des voyageurs, puis pendant 7 ans, dans la grande distribution, en Angleterre et en France, dans la gestion administrative et commerciale. »
Elle a ensuite décidé de créer
son agence de voyage. Elle reprend alors ses études, suit une formation de
création d’entreprise, et obtient un BTS Tourisme, nécessaire à l’homologation
préfectorale indispensable à l’ouverture d’une agence.
Le choix de l’indépendance.
S’insérer dans ce marché très
concurrentiel et encadré n’est pas facile. Anne Sorin a fait le choix de
l’indépendance. « Je veux pas qu’on m’impose une vitrine, un catalogue, un
chiffre à réaliser. J’ai donc fait le choix d’ouvrir une agence indépendante et
j’essaye de promouvoir des produits un peu différents ». "Regards d'ailleurs" propose deux
spécialisations. D’un côté, un pôle géographique : les pays orthodoxes de
Parallèlement, son agence offre
toutes les prestations classiques et travaille avec la plupart des tours
opérateurs. Elle propose également des voyages « à la carte » :
« Le client vient, nous dit ce qu’il aime, ce qu’il n’aime pas et nous
travaillons ensuite pour proposer un voyage sur mesure. Du coup vous ne payez
que pour les prestations que vous voulez. Au final, ce n’est pas forcément plus
cher ».
Passion et expérience.
La concurrence est rude, mais elle reste persuadée que les agences de voyage ont une place à tenir. « Il y a besoin des agences de voyages. Il y a beaucoup de pays pour lesquels on a besoin d’un interlocuteur. Vous n’allez pas pouvoir partir en Kamtchatka ou en Sibérie comme ça, en commandant votre voyage sur Internet ». Elle ne craint pas que les agences en ligne occupent tout le marché. « En vérité, il y a un gros leurre sur cette question. Toutes les agences, mêmes sur Internet, revendent les mêmes offres, les prix des voyagistes sont les mêmes. Et la personne qui vient nous voir a en plus l’avantage d’avoir un interlocuteur et un paiement sécurisé ».
Elle veut cependant être lucide pour les jeunes souhaitant travailler en agence. « Les agences ne sont pas les commerces qui rapportent le plus. Par rapport aux diplômes et aux compétences demandées, les salaires ne sont pas élevés et il y a peu de possibilités d’évolution ». Les postes à responsabilités sont rares, il faut donc être motivé et passionné. « Pour un jeune qui débute, il est primordial d’avoir voyagé que ce soit en humanitaire, en affaires, ou en tourisme. Il est toujours important d’avoir une expérience à l’étranger, une vraie connaissance d’un pays. »
Alexandre Piboyeux
Regards d'Ailleurs
25 rue Notre-Dame, 33 000
BORDEAUX
05 56 44 87 30
www.regards-ailleurs.com
06:07 Ecrit par Isabelle Le Blanc dans Entreprise, Le Portrait | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : agence, commerce, entreprise, étranger, formation, internet, tourisme, voyage
23/02/2008
L'oeil numérique
PHOTOGRAPHIE. Alexandre Cometti, photographe professionnel mène depuis
plusieurs années une réflexion sur son métier pour l’adapter aux changements
qu’a entraînés l’essor du numérique.
Le parcours d’un précurseur.
Son parcours a été celui d’un autodidacte. « La photographie est pour moi une vocation. J’ai commencé à l’age huit ans. J’aurais aimé faire des études de photographie mais à mon époque ce sont des formations qui étaient excessivement chères et inaccessibles financièrement pour moi. Donc j’ai poursuivi mes études dans un autre domaine et je suis revenu à la photo à l’age de 20 ans. Là, j’ai commencé à apprendre vraiment, dans un club photo ».
Il s’est forgé ensuite une expérience professionnelle. « J’ai d’abord fait un stage chez Sud Ouest. Puis, j’ai fait des animations photo et des saisons comme photographe de plage. J’ai ensuite été l’assistant d’un photographe professionnel pendant un an. Après, pendant cinq ans, j’ai travaillé comme photographe pour la ville de Pessac puis pour le Conseil général ».
Est ensuite arrivée l’ère du numérique. Il a passé plusieurs années à se former aux nouvelles technologies avant de créer son entreprise. Il propose les prestations classiques des photographes : portraits, mariages et célébrations, publicité… mais avec une différence de taille. En effet, il a été l’un des premiers photographes professionnels en Aquitaine à proposer ses reportages sans tirage papier, uniquement sur support numérique.
Photographe et observateur.
Ce choix s’est imposé à lui naturellement, pour des raisons économiques bien sûr mais aussi pour sortir des pratiques professionnelles habituelles. « J’ai essayé, dit-il, de réfléchir à la manière de commercialiser mes photos. Sur un CD, je fournis aux clients toutes les photos que j’ai prises. Ils n’ont pas à faire un choix frustrant, ni à acheter chaque photo une par une. L’important pour moi c’est la notion de partage. D’autant que l’on n’est encore qu’au début d’Internet, et l’amélioration des débits va encore plus faciliter le partage des photographies »
Il essaye d’avoir sur son métier et sur la société une vision critique. En parallèle de ses activités, il tient un blog, « le photographe cybernomade », dans lequel il traite de la place de l’image dans notre époque, de la manière dont, selon lui, elle est parfois dévoyée. « On est inondé par les informations, on connaît tout de la vie des people, on sait tout ce qui se passe à l’autre bout du monde, mais on ne connaît même pas son voisin. »
Ce blog est pour lui le moyen d’exprimer ses convictions. « L’accès à l’art est souvent monopolisé par les élites. Ca me permet d’expliquer ce qu’est pour moi la photographie ainsi que ma manière de concevoir mon métier. »
Alexandre Cometti est bien conscient que le métier de photographe professionnel est en crise. « Je pense, reconnaît-il, que mon activité ne peut pas exister sans qu’il y ait des changements profonds au niveau des statuts et des mentalités ». Cependant, il reste très confiant sur l’avenir de sa profession. « C’est vrai que l’on assiste aujourd’hui à une explosion de la photographie. Tout le monde a un appareil numérique ou un téléphone qui prend des photos. Pour autant ce n’est pas la mort des photographes professionnels. Un photographe sait faire de belles photos, il sait aussi raconter une histoire. »
Alexandre Piboyeux
Photo d'Alexandre Cometti.
Son site commercial : http://acometti.blogspot.com
Son blog : http://lephotographecybernomade.blogspot.com
08:25 Ecrit par Isabelle Le Blanc dans Le Portrait | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : emploi, image, internet, photographe, portrait, profession
22/12/2007
Nouveau métier, nouvelle vie
PORTRAIT. La vie professionnelle n'est plus un long fleuve tranquille. Franck Lopez, ancien tourneur-fraiseur, est devenu graphiste.
Le parcours professionnel n’est
pas une ligne droite. Les travailleurs doivent désormais être mobiles d’un
point de vue géographique mais aussi sectoriel. Selon une étude de l’INSEE, sur
les 17 millions d’individus âgés de 30 à 54 ans en 2003 et qui avaient un
emploi en 1998, 20% ont changé de groupe
socioprofessionnel
Souvent, ce sont des raisons économiques
qui obligent les travailleurs à se réorienter, à apprendre un nouveau travail. Mais d’autres fois, comme pour
Franck Lopez, c’est une passion qui les pousse à prendre un tournant, à
bouleverser leur vie professionnelle et bien souvent personnelle.
Pour lui tout commence par une
orientation scolaire peut être un peu
précoce. « Comme cela se faisait beaucoup à l’époque, on m’a aguillé après
la cinquième en filière technique. J’ai passé un BEP en mécanique générale, et
j’ai travaillé à Pau, pendant trois ans, en tant que tourneur fraiseur. »
Comme le métier ne lui plaît pas
vraiment, il envisage de se réorienter. « Ce qui m’a incité c’est que dès
tout petit, en 1985, j’ai eu mon premier ordinateur et arrivé à un moment, je
faisais tellement d’informatique qu’il fallait que j’en ai un usage
professionnel. »
Après plusieurs demandes de CIF
(Congés Individuels de Formation) refusées, il fait le choix risqué de
démissionner. « J’ai fait ce changement de situation à trente ans, ce qui
n’est peut-être pas le meilleur age, parce que passé 25 ans, tu as moins
d’aides. Je me suis retrouvé sans travail à devoir financer une formation. Je
me suis débrouillé comme je pouvais, j’ai quitté mon appartement, j’ai vendu ma
voiture, j’ai fait quelques prêts. »
Après une formation d’un an en
infographie, il acquiert de l’expérience en intérim et décide finalement de se
mettre à son compte, en créant son entreprise : Alias & Pico2.
Une réorientation professionnelle, encore plus quand elle se matérialise par une création d’entreprise, même si cela peut y ressembler, ne doit pas être un coup de poker. Avant de se lancer, Franck a mûrement réfléchi à son projet pour mieux appréhender et anticiper les difficultés. Il a également beaucoup travaillé, souvent en autodidacte, pour apprendre son nouveau métier et développer son réseau.
« Avant de se lancer, il y a un temps de recherche important. La formation que j’ai faite m’a aidée, mais ce n’est pas suffisant, il faut aussi travailler soi-même. Au début j’ai fait beaucoup de travails pour des amis mais aussi des essais, des exercices pour moi, des entraînements pour maîtriser les logiciels, mon outil de travail. J’ai un ami graphiste, qui m’a permis de rencontrer beaucoup de ses collègues. Ils m’ont conseillé, m’ont donné des directions. C’est très important même si c’est à toi de trouver ton propre style ».
Ainsi, il propose aussi bien la
création d’identités visuelles (logos, cartes de visites…), d’outils de
communication papier (affiches, flyers, dépliants…) que la conception de sites
Internet et l’animation Flash et vidéo.
Article d'Alexandre Piboyeux
1 Olivier Monso, « Changer
de groupe social en cours de carrière », Insee Première, décembre 2006
2 Alias & Pico – 27 rue de la pelouse de Douet, 33000
Bordeaux – 0954 640 782
05:57 Ecrit par Isabelle Le Blanc dans Le Portrait | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : carrière, congé, droit, formation, graphiste, orientation, profession, projet, reconversion, tourneur
14/12/2007
Un château de famille
ENTREPRISE. Travailler en famille Portrait des Couderc, propriétaires du Château Moulin de Mallet à Pujols
Une course
contre le temps.
La production de vin est toujours fortement liée au temps ; celui des saisons, celui des impératifs de production. Et quand on est comme eux, seulement trois travailleurs pour couvrir la récolte de 35 hectares de vignes, c’est vraiment une course que l’on mène contre le temps. C’est pourquoi, chacun n’a pas une fonction unique. Serge et Julien, qui se définit comme un « goal volant », multiplient les tâches en fonction des besoins. Christiane, en plus du travail administratif, est toujours dans les vignes pour aider à la récolte. Pour autant, chacun apporte sa spécificité à l’entreprise. Julien est au fait des technique modernes, il est aussi plus à l’aise pour les relations commerciales, Serge est plus organisé, Christiane sait tempérer leurs deux caractères. Comme le résume Nelly, « mon frère a des idées, mon père des projets et ma mère des budgets ».
Vie de famille ou
d’entreprise ?
Lorsque l’on travaille en famille, il est toujours difficile d’établir une frontière entre vie professionnelle et privée. « L’inconvénient, dit Julien, c’est que l’on vit pour l’entreprise. On n’a pas d’heure, on ne s’arrête jamais ». « Parfois, ajoute Christiane, pendant les repas, je dis, « c’est fini, on parle d’autre chose que de l’exploitation ». Et en principe, du coup, on ne parle plus du tout ! »
Travailler avec les siens n’a donc pas que des avantages. « Travailler en famille c’est compliqué, car il y a le conflit de générations. Et, la confiance, la liberté sont bénéfiques pour l’entreprise mais pour les relations, ce n’est pas toujours bénéfique de travailler en famille. »
Cette intrication entre les liens familiaux et professionnels, quelque part entre une apréciation qui serait émotionnelle et une autre qui serait rationnelle, complique souvent les rapports dans les entreprises familiales.
Eux, ont pris les devant : « Nous avons réparti les parts dans la société de manière à ce qu’aucune décision importante ne puisse être prise seul. Il faut au moins que deux d’entre nous soient d’accord », souligne Christiane. Mais Serge est confiant sur ce point, « en dix ans, il n’y a jamais eu vraiment conflit. Il y a conflit quand on doit aller couper un pied de vigne mais pas quand on doit prendre des décisions importantes. Et elles sont toujours prises à trois ».
Finalement, ce n’est pas le seul caractère familial qui peut faire réussir une société. C’est la nature même de cette famille, les valeurs qu’elle transmet à l’entreprise. Quand, comme ici, il s’agit de valeurs de travail, de confiance et d’unité, il semble que les choses ne puissent que bien se passer. Car, on pourrait dire que, comme le vin, l’entreprise familiale est le produit d’une alchimie délicate, entre différents caractères et capacités qui se croisent et se complètent.
Château Moulin de Mallet
33350 Pujols
05 57 40 55 84
moulindemallet@hotmail.fr
10:32 Ecrit par Isabelle Le Blanc dans Le Portrait | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : diplômes, entreprise, famille, profession, travail, vin
26/11/2007
Un travailleur heureux
Parmi les 15-65 ans handicapés, moins de
20 % ont un handicap de naissance (1). C'est une réalité que l'on ignore bien
souvent : la très grande majorité d'entre eux menait une vie ordinaire avant
d'être victimes d'un accident ou de connaître un grave problème de santé.
Ce que l'on ne peut
ignorer en revanche, c'est l'aspiration naturelle de ces hommes et de ces femmes
à conserver une activité professionnelle lorsque cela est encore possible.
Le parcours de Thierry
Taillet est en cela exemplaire. Victime d'un accident de la route en 1991, il
souffre depuis d'apoplexie, et subit de graves crises de douleurs. Son handicap
n'est pas visible, mais il l'oblige à avoir des conditions de travail adaptées.
Le parcours d'un combattant. Avant son accident, il travaillait en tant qu'ouvrier de production dans
une usine de la région bordelaise. Après un arrêt de travail de cinq ans, il a
fait le choix, en accord avec son entreprise, de suivre une formation pour se
réorienter plutôt que d'être reclassé en interne. « Dans mon malheur, j'ai eu la
chance d'apprendre un nouveau métier, celui que je voulais : dessinateur
technique. J'ai suivi une formation de deux ans, mais c'est après que la vraie
galère a commencé. Comme beaucoup de travailleurs, je me suis retrouvé au
chômage. »
A cela, il
trouve deux raisons : la crainte des employeurs face au handicap, bien sûr, mais
aussi son manque d'expérience. Il multiplie les formations aux différents
logiciels de dessin technique et les missions d'intérim, qui lui permettent
d'exercer ses talents dans différents domaines. Il connaît aussi plusieurs
expériences difficiles : une entreprise lui offre un CDD de deux ans, mais, en
difficultés financières, celle-ci doit fermer ses portes. Il crée ensuite sa
propre entreprise mais se heurte encore au climat économique difficile.
Aujourd'hui, il a
enfin trouvé une stabilité professionnelle. « Cela fait 7 mois que je travaille
en CDI pour la Solo Siad, à Mérignac, en tant que dessinateur BTP. C'est une
société qui m'a véritablement ouvert les bras. Grâce à l'aide du Girpeh, mon
poste a été adapté avec le soutien financier de l'Agefiph. J'ai un handicap mais
je suis un homme à part entière. Je ne suis pas handicapé pour le métier que je
fais. Quand je suis derrière mon écran d'ordinateur, je suis totalement valide.
»
L'importance de l'information. Pour lui, la principale difficulté au cours de ces années a
été l'accès aux informations. « Je comprends que les choses soient difficiles à
organiser, et je ne veux pas polémiquer mais les informations sont difficiles à
trouver à l'ANPE qui est l'endroit où l'on se rend naturellement pour chercher
un emploi. Pourtant un simple tableau d'information destiné aux handicapés
suffirait pour savoir où s'orienter, à qui s'adresser. Moi, c'est mon médecin de
famille qui m'a conseillé de me renseigner auprès de la Maison de l'emploi, à
Pessac, qui m'a beaucoup aidé, tout comme le Girpeh, avec qui je suis en contact
depuis 1997. »
Il
insiste sur la nécessité pour le travailleur handicapé d'être informé au mieux
de ses droits et des aides qu'il peut recevoir. « Au final, c'est un argument de
plus devant l'employeur. On peut dire : oui, j'ai un handicap, mais je peux
faire correctement mon travail, à condition que mon poste soit adapté, et il
existe des aides financières et techniques pour cela. C'est une preuve de
sérieux et de volonté. »
La volonté, c'est sans aucun doute ce qui caractérise le mieux Thierry,
plus que n'importe quel handicap physique. « Il ne faut jamais baisser les bras.
On a la chance en France d'être bien soutenu par l'Etat et aujourd'hui, j'ai la
fierté d'avoir un emploi. C'est une manière de remercier la société pour ce
qu'elle m'a apporté. Je me lève le matin, heureux d'aller travailler. »
Article d'Alexandre Piboyeux
(1) Source : www.agefiph.com
06:09 Ecrit par Isabelle Le Blanc dans Le Portrait | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : anpe, chômage, conditions de travail, emploi, entreprise, formation, handicap, insertion, profession, reprise







